Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat

Chapitre 4 - La révolution prolétarienne et la dictature du prolétariat

Quels sont les traits qui distinguent la révolution prolétarienne de la révolution bourgeoise ?

La différence entre la révolution prolétarienne et la révolution bourgeoise peut se ramener à cinq points fondamentaux.

1. La révolution bourgeoise commence d'habitude lorsque les formes du régime capitaliste, qui ont pris naissance et mûri au sein de la société féodale, sont déjà plus ou moins développées, tandis que la révolution prolétarienne commence lorsque les formes du régime socialiste font complètement, ou presque complètement, défaut.

2. Le problème fondamental de la révolution bourgeoise se réduit à s'emparer du pouvoir et à l'adapter à l'économie bourgeoise existante, tandis que le problème fondamental de la révolution prolétarienne consiste, après la prise du pouvoir, à édifier une nouvelle économie socialiste.

 

3. La révolution bourgeoise se termine ordinairement par la prise du pouvoir, tandis que la prise du pouvoir n'est que le commencement de la révolution prolétarienne, qui utilise ce pouvoir comme levier pour la transformation de la vieille économie et pour l'organisation de la nouvelle.

4. La révolution bourgeoise se borne à remplacer au pouvoir un groupe exploiteur par un autre groupe exploiteur ; c'est pourquoi, elle n'a pas besoin de briser l'ancien mécanisme étatique, tandis que la révolution prolétarienne enlève le pouvoir à tous les groupes exploiteurs et le donne au chef de tous les travailleurs exploités, à la classe des prolétaires, et, par suite, elle est obligée de briser la vieille machine d'Etat et de la remplacer par une nouvelle.

5. La révolution bourgeoise ne peut rallier autour de la bourgeoisie pour un temps plus ou moins long les exploités et les travailleurs, précisément parce qu'ils sont des exploités et des travailleurs, tandis que la révolution prolétarienne, si elle veut remplir sa tâche essentielle de consolidation du pouvoir prolétarien et d'édification d'une nouvelle économie socialiste, peut et doit les souder au prolétariat par une alliance durable, parce qu'ils sont précisément des exploités et des travailleurs.

Voici quelques thèses fondamentales de Lénine sur ce sujet :

L'une des différences fondamentales entre la révolution bourgeoise et la révolution socialiste consiste en ce que pour la révolution bourgeoise, qui toujours découle du féodalisme, les nouvelles organisations économiques se créent progressivement au sein de l'ancien régime, ne serait-ce que par le, développement des rapports commerciaux, qui transforment peu à peu tous les côtés de la société féodale. La révolution bourgeoise n'avait à résoudre qu'un seul problème : balayer, rejeter, détruire toutes les entraves de l'ancienne société. En remplissant cette tâche, chaque révolution bourgeoise remplit ce qu'on exige d'elle, car, en somme, elle crée la production marchande et permet le développement du capitalisme.

La révolution socialiste se trouve dans une tout autre situation. Plus le pays dans lequel la révolution sociale commence est arriéré, plus il lui est difficile de passer des anciens rapports capitalistes aux rapports socialistes. Aux problèmes de destruction viennent s'ajouter ici des problèmes d'organisation, d'une difficulté inouïe...

Si l'esprit créateur des masses, fortifié par la grande expérience de 1905, n'avait pas créé les soviets dès février 1917, ceux-ci n'auraient pu prendre le pouvoir en octobre, car le succès dépend de l'existence d'une forme toute prête d'organisation du mouvement englobant des millions d'hommes. Cette forme toute prête fut le soviet, non pas parce que de brillants succès, un triomphe sans précédent nous étaient réservés dans le domaine politique, mais parce que la nouvelle forme politique était toute prête et qu'il ne nous restait qu'à transformer par quelques décrets le pouvoir soviétiste, encore à l'état embryonnaire aux premiers temps de la révolution, en la forme officiellement reconnue de l'Etat russe : la république soviétiste russe...

Il reste encore deux problèmes immensément difficiles, dont la solution n'est pas donnée par la marche triomphale qu'a connue notre révolution...

C'est, premièrement, le problème de l'organisation intérieure, que toute révolution socialiste a à résoudre. La révolution socialiste se distingue précisément de la révolution bourgeoise en ce que cette dernière possède des formes toutes prêtes d'organisation capitaliste, tandis que la révolution soviétiste prolétarienne n'hérite pas de ces rapports tout préparés, exception faite des formes les plus développées du capitalisme, qui, en somme, n'ont atteint que quelques sommets de l'industrie et ont encore très peu touché l'agriculture. L'organisation de l'enregistrement, du contrôle dans les entreprises les plus importantes, la transformation de tout le mécanisme économique de l'Etat en une seule grande machine, en un organisme économique travaillant de telle sorte que des centaines de millions d'hommes se règlent sur un plan unique, tel est le problème gigantesque d'organisation qui pèse de tout son poids sur nos épaules. Ce problème n'admet pas la solution de hasard avec laquelle nous avons réussi à surmonter les problèmes de la guerre civile...

Le deuxième problème est celui de la révolution mondiale. S'il nous a été facile de battre les bandes de Kérensky et de créer le pouvoir, si, sans grande peine, nous avons obtenu le décret de la socialisation de la terre, du contrôle ouvrier, c'est uniquement parce que la situation spéciale qui s'était créée pendant un court espace de temps nous avait couverts contre l'impérialisme international. L'impérialisme international, qui possède toute la puissance du capital coalisé et de la technique militaire, représente une force gigantesque, qui, en aucun cas et à aucune condition, ne pouvait vivre aux côtés de la république soviétiste par suite de sa situation objective et des intérêts économiques de la classe capitaliste qu'il incarnait, par suite aussi de ses liaisons commerciales, de ses relations internationales et financières. Le conflit était inévitable. La grande difficulté de la révolution russe, son problème historique suprême, c'est la nécessité de résoudre les problèmes internationaux, la nécessité de provoquer la révolution mondiale.

Tels sont le caractère intérieur et le sens fondamental de la révolution prolétarienne.

Peut-on effectuer un changement radical de l'ancien régime bourgeois sans révolution violente, sans dictature du prolétariat ?

Il est clair que c'est impossible. Penser qu'une telle révolution peut s'effectuer pacifiquement, dans le cadre de la démocratie bourgeoise adaptée à l'hégémonie bourgeoise, c’est avoir perdu le sens commun ou renier ouvertement la révolution prolétarienne.

Il faut souligner d'autant plus fortement et catégoriquement cette thèse que nous sommes en présence d'une révolution prolétarienne qui n'a triomphé encore que dans un seul pays entouré de pays capitalistes ennemis et d'une bourgeoisie soutenue par le capital international.

Voilà pourquoi, dit Lénine, la libération de la classe opprimée est impossible, non seulement sans une révolution violente, mais encore sans la destruction de la machine d'Etat qui fut créée par la classe au pouvoir... « Que la majorité de la population, tout en conservant la propriété privée, c'est- à-dire le pouvoir, le joug du capital, se prononce pour le parti du prolétariat, et alors seulement ce dernier pourra et devra prendre le pouvoir ». Ainsi parlent les démocrates petits-bourgeois qui s'intitulent socialistes et qui sont en fait les serviteurs de la bourgeoisie. Mais nous, nous disons : Que, tout d'abord, le prolétariat révolutionnaire renverse la bourgeoisie, brise le joug du capital et l'appareil de l'Etat bourgeois, et alors le prolétariat victorieux pourra gagner la sympathie et obtenir l'appui de la majorité des travailleurs non prolétaires en leur donnant satisfaction au détriment des exploiteurs.

 

Pour amener la majorité de la population de son côté, le prolétariat doit, premièrement, renverser la bourgeoisie et s'emparer du pouvoir. Il doit, deuxièmement, instaurer le pouvoir soviétiste, et anéantir le vieil appareil d'Etat. Par là, il sapera d'emblée la suprématie, l'autorité, l'influence de la bourgeoisie et des petits-bourgeois hésitants sur les masses travailleuses non-prolétariennes. Il doit, troisièmement, achever d'anéantir l'influence de la bourgeoisie et des petits-bourgeois hésitants sur la majorité des masses laborieuses non-prolétariennes en satisfaisant révolutionnairement leurs besoins économiques aux dépens des exploiteurs.

Tels sont les indices caractéristiques de la révolution prolétarienne.

Quels sont donc alors les traits essentiels de la dictature du prolétariat, si l'on admet que la dictature du prolétariat est le fond de la révolution prolétarienne ?

Voici la définition la plus générale de la dictature du prolétariat donnée par Lénine :

La dictature du prolétariat n'est pas la fin de la lutte de classe ; elle en est la continuation sous de nouvelles formes. La dictature du prolétariat est la lutte de classe du prolétariat victorieux qui a arraché le pouvoir politique à la bourgeoisie vaincue, mais non anéantie, non disparue et ne cessant de résister et d'accroître sa résistance.

S'élevant contre ceux qui confondent la dictature du prolétariat avec le pouvoir « populaire », « élu par tous », « indépendant des classes », Lénine dit :

La classe qui s'est emparée du pouvoir politique, l'a pris en ayant conscience qu'elle le prenait seule. Cela rentre dans la conception de dictature du prolétariat. Cette conception n'a de sens que lorsqu'une classe sait qu'elle prend seule le pouvoir politique entre ses mains et qu'elle ne se trompe elle-même ni n'abuse les autres par des bavardages sur le pouvoir populaire élu par tous, sanctifié par tout le peuple.

Cela ne signifie pas, néanmoins, que le pouvoir d'une classe, celle des prolétaires, qui ne partage pas et ne peut pas partager ce pouvoir avec les autres classes, n'ait, pas besoin, pour arriver à ses buts, de l'alliance avec les travailleurs et les exploités des autres classes. Au contraire, ce pouvoir, pouvoir d'une seule classe, ne peut être affermi et ne peut aboutir qu'avec une certaine alliance entre la classe des prolétaires et les classes travailleuses petites-bourgeoises, en premier lieu avec les masses laborieuses paysannes.

Quelle est cette forme particulière d'alliance, en quoi consiste-t-elle ? Cette alliance avec les masses laborieuses des autres classes non-prolétariennes ne contredit-elle pas en général l'idée de la dictature d'une classe ?

Ce qui caractérise essentiellement cette alliance, c'est que sa force directrice est le prolétariat, c'est que le directeur de l'Etat, le directeur de la dictature du prolétariat est un seul parti, celui du prolétariat, le parti des communistes, qui ne partage pas et ne peut pas partager la direction avec les autres partis.

Comme on le voit, la contradiction n'est qu'apparente.

La dictature du prolétariat, dit Lénine, est la forme particulière d'une alliance de classe entre le prolétariat, avant-garde des travailleurs, et les nombreuses couches non-prolétariennes des travailleurs (petite bourgeoisie, petits patrons, paysans, intellectuels, etc.), alliance dirigée contre le capital et ayant pour but de renverser définitivement le capital, de réprimer complètement la résistance de la bourgeoisie et les tentatives de restauration de sa part, d'établir et de consolider définitivement le socialisme. Cette alliance particulière qui s'établit dans une situation particulière, c'est-à-dire au cours de la guerre civile la plus acharnée, c'est l'alliance des partisans résolus du socialisme avec ses alliés hésitants, parfois avec les « neutres » (alors l'alliance, d'entente pour la lutte, devient une entente pour la neutralité), l'alliance entre des classes qui diffèrent économiquement, politiquement, socialement et idéologiquement.

 

Polémisant contre une telle conception de la dictature du prolétariat, Kaménev, dans un de ses rapports, déclare :

La dictature n'est pas l'alliance d'une classe avec une autre. (Pravda, 14 janvier 1925.)
Je pense qu'ici le camarade Kaménev vise principalement un passage de ma brochure La révolution d'Octobre et la tactique des communistes russes, où il est dit :

La dictature du prolétariat n'est pas simplement une élite gouvernementale, « intelligemment » sélectionnée par un « stratège expérimenté » et « s'appuyant raisonnablement » sur telles ou telles couches de la population. La dictature du prolétariat est l'alliance de classe du prolétariat et des masses laborieuses rurales pour le renversement du capitalisme, pour la victoire définitive du socialisme, à la condition que la force dirigeante de cette alliance soit le prolétariat.

Je maintiens complètement cette formule de la dictature du prolétariat, parce que j'estime qu'elle coïncide exactement avec celle de Lénine que je viens de citer.

J'affirme que la déclaration de Kaménev, d'après lequel « la dictature n'est pas l'alliance d'une classe avec une autre », sous une forme aussi catégorique, n'a rien de commun avec la théorie léniniste de la dictature du prolétariat.

J'affirme que, pour parler ainsi, il faut ne pas avoir compris le sens de l'idée du bloc, de l'alliance du prolétariat et de la paysannerie, de l'hégémonie du prolétariat dans cette alliance.

Parler ainsi, c'est montrer qu'on n'a pas compris cette thèse de Lénine :

Seule, l'entente avec les paysans peut sauver la révolution socialiste en Russie, tant que la révolution n'éclatera pas dans les autres pays.

Pour parler ainsi, il faut n'avoir pas compris cette thèse de Lénine :

Le principe suprême de la dictature, c'est le maintien de l'alliance du prolétariat avec la paysannerie, afin que le prolétariat puisse conserver le rôle dirigeant et le pouvoir.

Signalant un des buts principaux de la dictature, celui de la répression des exploiteurs, Lénine dit :

Scientifiquement parlant, la dictature est un pouvoir qui n'est limité par aucune loi, qui n'est gêné par aucune règle et qui s'appuie directement sur la violence. La dictature signifie — prenez-en note une fois pour toutes, Messieurs les cadets — le pouvoir illimité s'appuyant sur la force et non sur la loi. Pendant la guerre civile, tout pouvoir victorieux ne peut être qu'une dictature.

Mais, naturellement, la dictature du prolétariat ne se réduit pas à la violence, quoiqu'il n'y ait pas de dictature sans violence.

La dictature, — dit Lénine, — ne signifie pas seulement la violence, quoiqu'elle soit impossible sans violence, elle signifie également une organisation du travail supérieure à l'organisation antérieure...

La dictature du prolétariat... n'est pas uniquement la violence envers les exploiteurs, ni même principalement la violence. La base économique de cette violence révolutionnaire, la garantie de sa vitalité et de son succès est que le prolétariat représente et réalise un type supérieur d'organisation sociale du travail, comparativement au capitalisme. Tel est le fond. C'est là la source de la force et la garantie de la victoire complète et inévitable du communisme...

 

L'essence de la dictature est dans l'organisation et la discipline de l'avant-garde des travailleurs, de leur unique dirigeant, le prolétariat.Son but, c'est de créer le socialisme, d'abolir la division de la société en classes, de faire de tous les membres de la société des travailleurs, de supprimer toute possibilité d'exploitation de l'homme par l'homme. Ce but ne peut être atteint du premier coup. Il exige une époque de transition assez longue du capitalisme au socialisme, parce que la réorganisation de la production est chose difficile, parce qu'il faut du temps pour des transformations radicales dans tous les domaines de la vie, parce que la force énorme de l'accoutumance a l’économie petite-bourgeoise et bourgeoise ne peut être surmontée que par une lutte longue et acharnée. C'est pourquoi Marx parle de toute une période de dictature du prolétariat comme d'une période transitoire du capitalisme au socialisme.

Tels sont les traits caractéristiques de la dictature du prolétariat.

De là, trois côtés fondamentaux de la dictature du prolétariat :

1. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour la répression des exploiteurs, la défense du pays, la consolidation des relations avec les prolétaires des autres pays, le développement et la victoire de la révolution dans tous les pays ;

2. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour détacher définitivement de la bourgeoisie les travailleurs et les masses exploitées, pour renforcer l'alliance du prolétariat avec ces masses, pour faire participer ces dernières à la réalisation du socialisme et assurer leur direction politique par le prolétariat ;

3. Utilisation du pouvoir du prolétariat pour l'organisation du socialisme, l'abolition des classes, l'acheminement vers une société sans classes, sans Etat.

La dictature du prolétariat est la réunion de ces trois côté, dont aucun ne peut être considéré comme l'indice caractéristique unique de cette dictature, et dont l'absence d'un seul suffit pour que la dictature du prolétariat cesse d'être une dictature dans un pays encerclé par le capitalisme. C'est pourquoi on ne saurait exclure aucun de ces trois côtés sous peine de dénaturer la conception de la dictature du prolétariat. Seuls, ces trois côtés pris ensemble nous donnent une conception complète, achevée de la dictature du prolétariat.

La dictature du prolétariat a ses périodes, ses formes particulières, ses méthodes de travail. Durant la guerre civile, ce qui saute particulièrement aux yeux, c'est le côté violent de la dictature. Mais il ne s'ensuit pas que, pendant la guerre civile, aucun travail d'édification ne s'effectue. Sans un tel travail, il serait impossible de mener la guerre civile. Pendant la période de réalisation progressive du socialisme, au contraire, ce qui saute particulièrement aux yeux, c'est le travail paisible, organisateur, culturel de la dictature, la légalité révolutionnaire, etc. Mais il ne s'ensuit pas non plus que le côté violent de la dictature ait disparu, ou puisse disparaître au cours de cette période. Les organes de répression, l'armée et autres organisations, sont nécessaires dans la période d'édification comme pendant la guerre civile. Sans ces organes, aucun travail de construction sous la dictature n'est possible. Il ne faut pas oublier que la révolution n'a encore vaincu que dans un seul pays. Il ne faut pas oublier que, tant que subsiste l'encerclement capitaliste, le danger d'une intervention militaire, avec toutes ses conséquences, subsiste.

Chapitre 5 - Le parti et la classe ouvrière dans le système de la dictature du prolétariat

J'ai parlé plus haut de la dictature du prolétariat au point de vue de sa nécessité historique, de sa nature de classe, de sa nature étatique et, enfin, de son œuvre de destruction et de création, qui dure toute une période historique appelée période de transition du capitalisme au socialisme.

Nous allons examiner la dictature du prolétariat au point de vue de sa structure, de son mécanisme, du rôle et de l'importance des « courroies de transmission », « leviers » et « forces dirigeantes » dont l'ensemble forme le « système de la dictature du prolétariat » (Lénine) et à l'aide desquels le travail quotidien de la dictature du prolétariat se réalise.

Quels sont ces « courroies de transmission », ces « leviers », cette « force dirigeante dans le système de la dictature du prolétariat ? Quelle en est la raison d'être ?

Les leviers, les courroies de transmission sont les organisations mêmes du prolétariat sans l'aide desquelles il est impossible d'organiser la dictature.

La force dirigeante, c'est le détachement avancé du prolétariat, c'est son avant-garde, qui est la force essentielle dirigeante de la dictature du prolétariat.

Ces leviers, ces courroies de transmission et cette force dirigeante sont nécessaires au prolétariat, parce que, sans eux, il serait dans la lutte comme une armée sans armes devant le capital organisé et armé. Ces organisations sont indispensables au prolétariat, parce que, sans elles, il serait infailliblement battu dans sa lutte pour le renversement de la bourgeoisie, la consolidation de son pouvoir, l'édification du socialisme. L'aide systématique de ces organisations et la force dirigeante de l'avant-garde sont indispensables, parce que, sans ces conditions, la dictature du prolétariat ne saurait être durable.

Quelles sont ces organisations ?

Premièrement, ce sont les syndicats ouvriers avec leurs ramifications vers le centre et la périphérie sous forme d'organisations de production, d'éducation, de culture et autres. Ces organisations réunissent les ouvriers de toutes les professions. Ce ne sont pas des organisations du parti. Les syndicats peuvent être considérés comme l'organisation générale de la classe ouvrière au pouvoir en U. R. S. S. Ils sont l'école du communisme. Ils donnent les meilleurs de leurs membres pour le travail de direction dans toutes les branches. Ils réalisent la liaison entre les couches avancées et les couches arriérées de la classe ouvrière. Ils unissent les masses ouvrières à l'avant-garde de la classe ouvrière.

Deuxièmement, ce sont les soviets, avec leurs nombreuses ramifications au centre et dans la périphérie, sous forme d'organisations administratives, économiques, militaires, culturelles et autres, plus d'innombrables associations de travailleurs qui entourent ces organisations et les relient à la population. Les soviets, c'est l'organisation de la masse des travailleurs de la ville et de la campagne. Les soviets ne sont pas des organisations du parti. Ils sont l'expression directe de la dictature du prolétariat. C'est par les soviets que passent toutes les mesures destinées à la consolidation de la dictature et à la réalisation du socialisme. C'est par les soviets que le prolétariat gouverne et dirige la paysannerie. Les soviets unissent la niasse innombrable des travailleurs à l'avant-garde du prolétariat.

Troisièmement, c'est la coopération de toute espèce avec toutes ses ramifications. Organisation de masse des travailleurs, la coopération n'est pas une organisation du parti. Elle unit les travailleurs, tout d'abord, comme consommateurs et, avec le temps, comme producteurs (coopération agricole). Elle acquiert une importance particulière après la consolidation de la dictature du prolétariat, pendant la période de la grande édification. Elle facilite la liaison de l'avant-garde du prolétariat avec les masses paysannes et permet de faire participer ces dernières à l'édification socialiste.

Quatrièmement, c'est l'Union des Jeunesses. Organisation de masse de la jeunesse ouvrière et paysanne, cette Union n'est pas une organisation du parti, mais elle touche au parti. Elle a pour but d'aider le parti à former la jeune génération dans l'esprit socialiste. Elle fournit de jeunes réserves pour toutes les autres organisations de masse du prolétariat. L'Union des Jeunesses acquiert une importance particulière après la consolidation de la dictature du prolétariat, dans la période de travail culturel et éducatif du prolétariat.

Enfin, c'est le parti du prolétariat, son avant-garde. Sa force consiste en ce qu'il absorbe l'élite du prolétariat organisé dans les syndicats, coopératives, etc. Il est destiné à unir le travail de toutes les organisations de masse du prolétariat et à diriger leur action vers un seul but, celui de la libération du prolétariat. Cette union et cette direction sont absolument nécessaires, car, sans elles, l'unité dans la lutte du prolétariat est impossible et la direction des masses prolétariennes dans leur lutte pour le pouvoir et pour l'édification du socialisme est également impossible. Mais il n'y a que l'avant-garde du prolétariat, son parti, qui soit capable d'unir et de diriger le travail des organisations de masse du prolétariat. Seul, le parti du prolétariat, celui des communistes, est capable de remplir ce rôle de directeur principal dans le système de la dictature du prolétariat

Extrait de "Les questions du Léninisme" de Joseph Staline

 

Vous pouvez télécharger le texte entier en PDF ci dessous :

 

"Les questions du Léninisme - Tome 1" de Joseph Staline

 

"Les questions du Léninisme - Tome 2"

 

"Les questions du Léninisme - Tome 3"

 

Tag(s) : #Communisme, #Marxisme, #Léninisme, #Bolchévisme, #Doctrine

Partager cet article

Repost 0